Serial galerie

sans titre 3

Isabelle Waternaux,

2001

 

Série (John Jasperse)

sans titre #3

Photographie couleur,

épreuve numérotée signée

 

 

Tirage jet d'encre

sur papier photographique satin

30 x 40 cm, Blanc tournant 5cm

Format fini 40 x 50 cm


Edition à tirage limité

à 25 exemplaires


non encadrée



(La série complète/// 1280 euros 

 nous contacter contact@serialgalerie.com

 

500,00 €

IW-3






 

 

 

http://isabellewaternaux.com

 

 

 


Tout en intériorité, les portraits d'Isabelle Waternaux exposés à Rueil-Malmaison interrogent le visiteur. L'Asie vous dévisage. Ce qui saisit, dès l'entrée dans le petit centre d'art contemporain

de Rueil-Malmaison, c'est le silence. Il émane des portraits photographiques d'Isabelle Waternaux. Dans l'espace un peu austère, ils diffusent un parfum singulier, mélange subtil d'odeurs d'ici et d'ailleurs. Telles des miniatures. La photographe a rencontré ses sujets lors de séjours en Asie. Après une série sur l'Indonésie, elle s'est rendue en Corée, de Séoul à Pusan, jusqu'à l'île d'Ullungdo. Paysans, pêcheurs, danseurs, moines: peu importe l'origine sociale, l'âge, la plastique, il s'agit d'un rapport de l'ordre du saisissement, du ravissement. Tous ces portraits qui nous sont adressés sans nous regarder, ressemblent à des miniatures. Ils nous font pénétrer dans un espace intime.

La première salle est colorée. Les sujets ne sont identifiés par aucune légende. Seul le fond du tableau révèle un environnement. Une campagne aride, un port de pêche, une rue aux murs piteux. Ils ne sont pas riches. Les visages sont marqués, ridés, creusés, fiers. Les bustes occupent calmement et modestement l'espace. Ce sont des architectures, des lignes claires. C'est là où se loge la dignité des personnages, dans ce rapport plastique entre le corps et son environnement. Isabelle Waternaux les a photographiés de face, le buste droit, coupés à la taille. Ils occupent l'espace avec leurs traits, leur morphologie. Ils existent sans commentaire, sans théâtralisation, hors actualité.

Gravité et tension. Dans la seconde salle, plus noire, les sujets semblent disparaître dans la nuit du support. Et pourtant, grâce à un méticuleux travail sur la lumière, brille le mystère de chacun. Pris à la chambre Linhof, les portraits sont fixés sur une pellicule Polaroïd. Les tirages de l'artiste sont plus grands que nature et sont contrecollés sur un support métallique. Le cadre, lui, ne cadre pas, il renvoie à l'extérieur, fabriqué à partir des effets de matière délitée du cliché originel. Là encore, ils regardent sans fixer, appelant l'oeil du spectateur à quitter la surface image pour entrer en relation avec leur intériorité. Grave. Tendue. Ils pèsent. Ils ne nous laissent pas tranquilles. Tels qu'Isabelle Waternaux nous les présentent, ils nous entraînent chez eux, en Corée. Ils ne nous disent rien d'eux mais beaucoup de leur histoire, de la déchirure, de la guerre, de l'effacement. Ils brillent là où ils vont disparaître. La photographe ne signe pas un travail abstrait, encore moins naturaliste, réaliste.

Il y a dans sa manière de bouger vers l'autre, un double mouvement, un mouvement contradictoire d'approche et d'éloignement, un rapport presque chorégraphique au sujet. C'est cette tension qui nous saisit ­ enfin un rapport à l'étranger qui évite la simplification ­ et qui suspend le temps .


Marie-Christine VERNAY, libération

Oeuvres

Recherche

Newsletter


En savoir plus sur la Serial Galerie
Les prix affichés sur serialgalerie.com, peuvent varier en fonction du du numéro de l'oeuvre disponible à l'achat.